Jérôme Soligny, « Je suis mort il y a vingt-cinq ans » Naïve éditions

Jérôme Soligny "Je suis mort il y a 25 ans"
Jérôme Soligny “Je suis mort il y a 25 ans”

Jérôme Soligny, journaliste et compositeur, s’essaye avec talent au roman : “Je suis mort il y a 25 ans” est sorti en mai 2011 aux éditions Naïve.

Ce matin, dans le RER B, je débute la lecture du livre de Jérôme Soligny, « Je suis mort il y a vingt-cinq ans » (éditions Naïve). De l’auteur, je connais sa passion pour Bowie, ses écrits érudits dans Rock & folk. Mais surtout j’ai de l’admiration pour les mélodies qu’il a composé pour Etienne Daho. « La baie » est assurément l’une des plus belles chansons pop.

J’ai aussi adoré le livre co-écrit avec Etienne Daho sur Françoise Hardy. Jérôme Soligny est un passionné de musique, un vrai. Il lui a offert une bonne partie de sa vie. J’aime cela et cela suffit pour que je m’intéresse enfin à ce roman dont je ne sais quasiment rien.

Tout commence par une préface rédigée par Kent

Son ami, le chanteur Kent, préface le bouquin. Une phrase m’interpelle car elle touche une corde sensible :

“Il y a des choses que l’on pense voir s’effacer avec le temps, mais qui, au contraire, font obstinément barrage à la désinvolture et réclament leur droit de cité sans répit. Sauf qu’on ne sait pas les exprimer. Ça peut prendre un temps fou. Un jour enfin les mots sont là et il est urgent qu’ils sortent.”

Ça me touche parce que, comme beaucoup, j’ai deux ou trois comptes à régler avec la vie, que “Dans les os de ma tête, ça s’entête et ça bout ” comme dans la chanson de Starshooter et je sais qu’un jour ça se terminera par un écrit qui me soulagera.

La poésie du RER B

Mes yeux se détachent un instant du livre. Un musicien s’installe dans la rame. Il joue d’un instrument non amplifié qui ressemble à un violon sur lequel serait monté un cornet en cuivre en guise d’amplificateur. C’est intrigant au possible. Le musicien est âgé et joue avec sensibilité. Tout l’opposé des accordéonistes formés à l’usine, ceux qui récitent machinalement les classiques français afin de chavirer les touristes en partance pour l’aéroport international. Non, là, le moment est rare. Le RER B est poétique. Je peux reprendre ma lecture.

Le style de Jérôme Soligny.

Le style est vif, les phrases courtes, sans ambages. Dès le premier chapitre, je sais que ça va mal se terminer. Mais le souffle du narrateur est là, comme un ami proche qui nous conte sa vie.
Souvent je me dis que seule la musique parvient à me transporter. Parfois j’ouvre un livre et j’entends cette musique familière, ce surplus de vie dont j’ai tant besoin.

Arrivée à CDG Airport. Je reprends le cours d’une autre vie. Je n’ai qu’une hâte, c’est d’en finir vite, d’arriver au soir, de reprendre ma lecture et de dévorer « Je suis mort il y a vingt-cinq ans ». Il est urgent que ça sorte!

Marc Antoine BIDON

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