Chronique de l’album “Panorama” du chanteur Kent (Kent Cokenstock -2009-)

Kent Cokenstock PanoramaLe chanteur Lyonnais Kent Cokenstock revient sur le devant de la scène avec “Panorama” en compagnie de nombreux artistes pour un retour sur sa carrière.

Les fans,

Que vaut la chronique d’un fan de longue date, me direz-vous ? Elle vaut peut-être, par la connaissance d’un parcours en montagnes russes, jamais facile mais souvent aventureux. Le noyau dur du public de Kent Cokenstock connait bien la chanson. Je suis de ceux-là. Nous suivons l’artiste, au gré de ses envies et ses textes font écho à nos vies. Ça ne s’explique pas. Tiens, je parle au nom des fans, ça me va bien. Continuons pour voir!

Sans être fanatiques, nous formons un public hétéroclite ayant trouvé un frère d’arme. Les plus anciens qui ont “vécu” Starshooter sont tatoués à jamais. Parce qu’à la fin des années 70 ce groupe a marqué les esprits juvéniles. Certains textes ont même changé des vies. Pour ma part, parce que l’exercice est sensible, je dirais simplement que nombre de ses chansons ont su me remettre dans le droit chemin.

Qui est Kent Cokenstock?

Avant de lancer sur ma platine ce « Panorama » je pense aux concerts épiques, terminés en sueur, la voix éraillée, les maxillaires éreintés d’avoir tant souri. Je pense à ces rendez-vous jamais manqués, avec la sortie du nouvel album. L’écoute solennelle de celui-ci. Le plaisir procuré, immense et déroutant. Cela aussi, ça ne s’explique pas. Kent en vingt années m’a parfois surpris, mais ne m’a jamais déçu. C’est un artiste qui aime ouvrir les portes aux rencontres, aux voyages, pour parfois les refermer dans la foulée. Ce n’est pas commun dans le show-business actuel .

Ces ruptures successives, ce n’est pas très vendeur non plus. Mais ces changements de route forment son identité. Kent est fidèle à son personnage, terriblement humain et toujours en quête. C’est son fil rouge. Un humain, peut être un martien, qui s’interroge, qui souvent se laisse aller au doute. Il faut dire que la déroute de l’industrie du disque pousse à cela. Cela a-t’il encore du sens de sortir un disque en 2009?

L’album Panorama,

Cet album, somme d’une carrière de trente ans, n’a pas été envisagé comme un simple best of. C’est l’occasion pour Kent de s’accorder un tour sur lui-même. Du punk à aujourd’hui, il  met en relief sa drôle de carrière. Une continuité existe, c’est celle d’un auteur de talent aux mots simples qui traduisent parfaitement le quotidien de nos vies.

Rentrons dans le vif du sujet et observons deux chansons qui mettent en valeur toute la richesse des textes de Kent:

  • « Reste encore » ici présentée à nu et qui provoque une émotion nouvelle. La chanson est rafraîchie, épurée et il ne reste que l’essence d’une splendide composition guitare-voix. Un sommet de l’album.
  • « Métropolitain », redécouvert, où Fred Pallem excelle par ses talents d’arrangeur. Le texte redécouvert dans cette splendide version est assurément l’un des plus beaux de la sélection.

Ces deux versions surpassent les originales et illuminent  de leur brio ce “Panorama”.

Les rencontres,

Cet album est aussi l’occasion de sceller de belles rencontres avec des artistes-amis:

  • Dominique A,  un artiste qui trace son sillon sans se retourner et impose son univers unique. L’association avec Kent sur  “Je suis un kilomètre“) est surprenante. C’est un peu comme si la chanson avait été composée à quatre mains.
  • Barbara Carlotti sur « Tous les mômes » et sa voix inimitable aux saveurs d’opossum.
  • Agnès Jaoui redessine de sa voix haut perchée « Paroles d’hommes », la plus belle chanson de l’homme de Mars.
  • Suzanne Vega rencontrée à l’époque de l’album “Nouba” (ça en jette tout de même!) promène sa douce voix dans une version en anglais du tube “juste quelqu’un de bien“.

Tous ces artistes ont pris un plaisir évident dans cette aventure et celui-ci se communique naturellement à l’auditeur.

Les inédits,

Des inédits démontrent la forme du moment de l’auteur Kent:

  • « Panorama » est un véritable tube. La pâte mélodique de Calogero se reconnait à cent lieues. Le titre donne envie de chanter sous la douche ce qui est avouons le, le seul test probant en vigueur.
  • « Une ville à aimer » ouvre l’album et rend grâce avec entrain aux gratte-ciels et à la vie citadine. Il plonge d’un coup aux oubliettes le fameux « Allons à la campagne ».

Starshooter,

Les reprises de Starshooter sont également de grandes réussites:

  • « Betsy Party » dans sa version 2009 fait toujours autant remuer les fesses. Arthur H se déchaine de sa voix éraillée et Betsy est décidément toujours aussi jolie.
  • « Leo song » dans une relecture d’une beauté terrible qui bouleverse. Le style de Kent est là. Une histoire qui met en scène un héros de la vie ordinaire, un braqueur. Kent nous embarque dans l’histoire et puis voilà, nous plongeons dans cette vie au coeur de l’émotion.

Pour clore cette chronique sincère et enthousiaste,  je citerai ces quelques paroles d’ “Au revoir, adieu “, chanson fétiche des rappels en concert , qui parle d’un homme malade du SIDA et qui fait le compte de ses amis :

 “Mais avec le noyau dur, je vais te bouffer oh ma vie, j’boufferai même tes épluchures ! “

C’est ce que je ressens à l’écoute de cet album et la date à la Cigale le 19 novembre, en compagnie de tous ces artistes, sera l’occasion d’une fête unique avec le noyau dur et plus encore!

Marc Antoine BIDON




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