Kent « Scherzando » (Label AT(ho)ME) / Septembre 2022

L’attachement de Kent pour Lyon est allé croissant ces dernières années. Après un départ sans regret d’une ville sombre qui préférait les boutiques de fringues aux librairies, il a fini par y revenir régulièrement.
Les quais du Rhône sont devenus un lieu de flânerie où l’on oublie le flot des voitures, le parc de la tête d’Or est toujours aussi beau et les pentes de la Croix-Rousse réveillent les souvenirs. La ville s’offre aux habitants comme jamais. Et sans doute, leur état d’esprit a changé. Il fait désormais bon vivre dans un Lyon cosmopolite connaissant une véritable effervescence culturelle.
Bref, Lyon titille à nouveau Kent et cela donne une belle chanson, « Ma ville », en ouverture de ce nouvel opus. Pas de flagornerie ni de chauvinisme, juste le constat qu’il s’y sent de nouveau chez lui.
L’album « Scherzando », c’est un peu tout ça : un regard honnête sur le temps qui passe, la conscience que la fin approche. Ça n’est pas triste, c’est la vie. Il n’y a pas de décalage entre l’homme et l’auteur. Kent est dans le bon tempo et affronte sereinement le reste à venir, parce que bien entendu le meilleur est à venir.
Dans « Chasseur cueilleur », plutôt que d’apostropher ses contemporains, il rappelle combien nous avons perdu notre équilibre avec la nature en pensant que la science résoudrait tout. C’est bien observé et c’est loin d’être opportuniste. Son engagement pour l’écologie ne date pas de la dernière canicule.
À 65 ans, il s’approprie la chanson de Georges Moustaki « Il est trop tard » qui lui va comme un gant : « Pourtant, je vis toujours, Pourtant je fais l’amour, M’arrive même de chanter sur ma guitare ». Il est donc encore temps de chanter des chansons et c’est heureux.
Kent n’a rien perdu de son goût des autres en allant chercher la guitariste et interprète Alice Animal. Sa guitare fonctionne parfaitement avec le piano de Marc Haussmann déjà présent avec bonheur sur les deux précédents albums.
Sur l’inattendu duo « Dans ta peau », les voix d’Alice Animal et de Kent s’accordent idéalement. Kent s’envisage ici en « apprenti travesti ». Ça, c’est du teasing, je vous laisse découvrir cette merveilleuse chanson.
Enfin, en guise de conclusion, il s’autorise, sur l’épique « Scherzando express », un retour sur ses tranches de vie. Le gamin qu’il était ne doit pas être déçu et la chanson risque bien de devenir un classique des prochains concerts.
D’ailleurs, à ce sujet, on me dit qu’il reste quelques places pour le concert Parisien du 7 octobre au Café de la danse ( Frédéric Bobin en assurera la première partie) et pour celui tant attendu à Lyon, salle Molière, le 15 octobre.
Le dernier passage de Kent dans cette magnifique salle date du 29 janvier 1981 avec Starshooter, il y a de cela 40 ans ! Ne loupez pas cette chance de voir ou revoir Kent sur scène, surtout en aussi bonne forme. Cela fait 35 années que je suis l’artiste et je n’ai jamais été déçu de ses concerts.
Share Button

Laisser un commentaire